LA GRANDEUR DE LA FRANCE...

Publié le par N.L. Taram

 
Cette vidéo a disparu suite à la suppression du compte "Les oubliés du nucléaire". Dommage...
 
Mais voici la dernière phrase prononcée par le président De Gaulle à Pirae avant son départ pour Moruroa :
"... Je quitterai enfin le Territoire plus convaincu que jamais qu'en échange, la France a envers ce Territoire de grands devoirs et la résolution de les remplir."
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La vidéo publié sur Facebook a disparu mais j'en ai trouvé une autre du même auteur (mon ami Jean-Paul) sur You Tube (ajoutée le 11/1/2017).

Discours de Charles de Gaulle à Papeete en septembre 1966

"Je suis ici pour vous dire combien je suis heureux de me trouver une fois de plus à Papeete, en Polynésie française. J'y étais venu il y a dix ans. M'y revoici. Comme tout a changé !
Je suis heureux d'être ici pour des raisons qui se rapportent au passé, pour des raisons qui tiennent au présent, et pour des raisons qui se rattachent déjà à l'avenir.
Des raisons du passé : comment la France, comment moi-même aurions-nous oublié qu'aux moments les plus tragiques, la Polynésie française a spontanément donné l'exemple de rallier la « France Libre», c'est-à-dire la cause de la liberté, de l'égalité, de la fraternité dans le monde, comment aurions-nous oublié cela ?
Comment oublier, en particulier, l'effort magnifique et courageux qu'a fourni le «Bataillon du Pacifique», ces volontaires de la Polynésie qui, joints à ceux de la Nouvelle-Calédonie et des Nouvelles-Hébrides, ont été glorieux entre tous dans l'armée française de la libération ?
Je me félicite d'être ici aussi pour des raisons qui tiennent au présent. Le présent dans notre monde, ou bien ce n'est rien, ou bien c'est le développement, le progrès : le développement des moyens matériels et le développement des hommes. Or, je constate que la Polynésie française a entamé avec vigueur, avec confiance, son développement. Ce développement, elle l'accomplit suivant son caractère propre, car le Territoire a son caractère, il a son âge, et il doit les garder. Il se déve­loppe aussi avec le concours de la Mé­tropole française, de l'ensemble fran­çais, car on ne fait rien d'important et de réussi dans le monde d'aujourd'hui si l'on n'est pas nombreux, fort, et or­ganisé, pour le faire.
Eh ! bien, je constate qu'au point de vue de l'activité, de l'activité économi­que, au point de vue des communications maritimes et aériennes dans le monde, au point de vue de la forma­tion de la jeunesse magnifique et si nombreuse de ce pays,- dont nous avons vu à l'instant même défiler un certain nombre qui m'ont ému profondément - dans tous ces domaines, le développement est en marche.
Sans doute, le C.E.P. contribue à cet essor et c'est tout naturel ; et puisque j'en parle, je tiens à dire à la Polynésie française combien la France apprécie le service qu'elle lui rend en étant le siège de cette organisation qui doit assurer la paix à coup sûr à notre en­semble français.
Enfin, je parle des raisons de l'avenir. Votre avenir, il peut être magnifique : au lieu du territoire lointain, isolé, comme l'était la Polynésie française, tout vous destine à être un centre es­sentiel de grandes communications du Grand Pacifique, entre les continents de l'Amérique latine, du Japon, de Chine, d'Australie, un centre français pour ces communications mondiales, qu'elles soient maritimes ou aériennes.
Mais votre avenir, c'est aussi l'Océan, c'est-à-dire toutes les recherches et toutes les 'découvertes océanographi­ques qui sont en cours et qui vont al­ler s'étendant ; c'est l'utilisation, l'ex­ploitation des richesses de la mer, c'est aussi, repris dans votre ensemble ex­traordinaire de Tahiti, des Iles de la Société, des Gambier, des Tuamotu, des Marquises, des Australes, cet en­semble magnifique, je le répète, de lagons, d'étendues maritimes, cet en­semble peuplé par des hommes qui sont des hommes de la mer, des ma­rins, des navigateurs, des pêcheurs. Vous pouvez être, dis-je, un centre de découvertes, d'exploitations, d'utilisations de l'océan par excellence, et c'est votre avenir qui est là. Je le salue d'avance.
Enfin, cette réussite matérielle et hu­maine que nous sommes en train d'ac­complir, ici, voyez quelle importance elle va donner à la Polynésie française comme foyer de rayonnement français à travers tout le Pacifique. Ce sera un exemple, c'est déjà un exemple, que nous donnons à tous les peuples du monde par notre travail en commun, par notre progrès et par notre frater­nité. A cet égard, aussi, votre rôle est essentiel et ce rôle-là, aussi, je le salue dès aujourd'hui.
Un territoire avec sa nature, son carac­tère, son âme et son travail, une Fran­ce qui est avec lui pour l'aider à tous les égards, un ensemble français qui représente de plus en plus dans le monde, avec sa puissance renaissante, avec son rayonnement, avec sa politi­que, qui représente le progrès des hommes partout où ils sont, qui repré­sente le rapprochement et la dignité des peuples où qu'ils se trouvent, et qui représente la paix.
De tout mon cœur, je remercie la po­pulation de Papeete, toutes celles, tous ceux qui sont venus ici, autour de moi, ce matin, je les remercie de l'en­couragement et du témoignage qu'ils m'ont apporté et qui sera, je vous as­sure, profondément ressenti dans tous l'ensemble français.
J'emporterai, quand j'aurai la tristesse de vous quitter, pas aujourd'hui, mais assez prochainement, hélas ! j'empor­terai de mon passage ici un grand ré­confort dans la tâche qui m'a été assi­gnée par tous vos concitoyens et par vous-mêmes en particulier. De tout mon cœur, encore une fois merci.
Vive la Polynésie française et Papeete !
Vive la république !
Vive la France !"
 
Beaucoup de promesses oubliées... comme les victimes du nucléaire.
 
Lecture intéressante et indispensable :
LA DÉCLARATION DU DÉPUTÉ DE LA POLYNÉSIE J.F. TEARIKI FACE Á DE GAULLE.

Publié dans Histoire, Armes nucléaires

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JOYON Gérard 17/10/2014 19:39

Merci de ce rappel.
Présidents faux culs.
Si les rafales ont des suppositoires sous les ailes, si les sous marins ont des cigares
dans le ventre,.
Si la FRANCE a une force de dissuasion c'est grâce à des soldats qui ont donné
leurs vingts ans pour votre liberté et celle de la FRANCE.
Mais ils ne savaient pas le prix qu'ils paieraient .
Alors ils souffrent ,ils se meurent , et les gouvernants droite et gauche confondus n'ont rien à foutre de leurs destins.
Je vous hais.
Gérard JOYON Soldat deFRANCE

N.L. Taram 17/10/2014 20:53

Bonjour Gérard,
étant gamin, je lisais Alexandre Dumas et je me souviens d'une scène dans "Vingt ans après" : à Londres, Charles 1er Stuart va être décapité, Athos est caché sous l'échafaud et il entend Charles prononçait ce mot avant le coup fatal "REMEMBER"...